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    À l'école du Pôle Molière des Mureaux, tous les élèves de CM1 et de CM2 de la commune ont été dotés de tablettes tactiles. Ils disposent aussi de tableaux blancs interactifs. Autant d'équipements numériques financés par les collectivités locales. Devant François Hollande et Najat Vallaud-Belkacem, jeudi après-midi, ces élèves de banlieue parisienne étaient absorbés par l'écoute d'une dictée enregistrée sur leur tablette par leur enseignant. L'occasion, ensuite, pour le président d'évoquer le développement du numérique à l'école, une des «priorités» maintes fois affirmées depuis le début du quinquennat.

    Un milliard d'euros seront donnés sur trois ans par l'État pour équiper les collèges, produire des ressources éducatives et former les enseignants, a-t-il annoncé. Une partie sera financée par les investissements d'avenir. L'objectif est d'équiper 70 % des élèves de primaire et de collège à l'horizon 2020, principalement grâce à l'investissement financier des collectivités locales. Travail en petits groupes, interdisciplinarité et lien parents-enfants: «Ce que vous faites préfigure beaucoup de choses que l'on retrouve dans la réforme des collèges», a indiqué aux enseignants la ministre de l'Éducation

    C'est précisément cette question de la réforme du collège qui occupait les esprits, à l'extérieur de l'école. Quelques dizaines d'enseignants s'y étaient rassemblés, à l'initiative du Snes local, pour critiquer «cette mise en scène qui sert d'arrière-plan pour distiller les slogans mystificateurs d'une réforme qui va renforcer les inégalités».

    La veille, pressé par une lettre ouverte désormais signée par 208 parlementaires hostiles à la réforme, le président de la République avait déjà affirmé son soutien à la réforme du collège: «J'entends le concert des immobiles (…) Ceux qui voudraient que rien ne change. Ce sont souvent les plus bruyants, ceux qui au nom de l'intérêt général supposé défendent leurs intérêts particuliers. Non! C'est terminé.» Évoquant le latin et le grec, «disciplines essentielles», qui auparavant étaient des options, «elles s'inscriront désormais dans le parcours des collégiens», a assuré le président.
    À double tranchant

    Ce soutien constituerait-il un cadeau empoisonné? Pour Philippe Watrelot, professeur d'économie, président des Cahiers pédagogiques et ardent défenseur de la réforme du collège, l'affichage de François Hollande conforte la ministre. Mais il est à double tranchant, car «il politise encore plus le débat. Il vient tout de même d'un gouvernement socialiste démonétisé. Je ne suis pas sûr que cela convainque les enseignants». «L'Élysée, Matignon, tout le monde soutient la ministre. Personne ne veut plier», veut croire Christian Chevalier, secrétaire national du Se-Unsa, syndicat d'enseignants qui observe malgré tout des «maladresses de communication».

    À l'image d'autres personnalités socialistes, Ségolène Royal a d'ailleurs fait entendre mercredi une voix dissonante sur I-Télé: «il faut savoir écouter, il faut que l'opposition aussi cesse parfois de déformer un certain nombre de choses, mais il faut que la majorité soit vigilante à ce qui est dit par de grandes voix d'intellectuels, d'historiens, de scientifiques». Une réponse à la maladresse de Najat Vallaud-Belkacem qui, parlant des personnalités opposées à la réforme, les avait qualifiés de «pseudo-intellectuels». Et Jack Lang a défendu jeudi sur France Inter les classes européennes: «C'est un grand succès. Pourquoi les décapiter? Il faut les sauver. Les filières d'excellence ne sont pas réservées aux élites, elles existent aussi dans des quartiers difficiles.».

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    #156569 fisani | il y a 2 ans
     
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